24 Juil En backstage, les arènes de #Bayonne

Elles et moi, vivons sur le point haut de la ville, ce petit piton que l’on gravit en remontant du Forum. Avec sa vue sur la forêt de Chiberta, au loin, dés que l’on prend un peu « d’altitude » (du balcon, ou de l’escalier central des arènes !), nous voyons un Bayonne différent comme si l’on dominait la ville.

 

 

Sol y sombra

 

Avec leur diamètre de 42 mètres et leurs 10 000 places de gradins, les arènes de Bayonne de style mauresque, sont un haut lieu de tauromachie et de spectacles en tous genres. Corridas, concerts, opéra de plein air, ballets, fêtes diverses s’y jouent pour un public assidu et fidèle.

 

Emblème méconnu de la ville, un peu isolée dans ce quartier prisé et résidentiel, les arènes ont été construites selon le cycle du soleil. Ce lieu est estival de part son ambiance, mais aussi dans sa disposition. Places à l’ombre ou couvertes pour un peu de fraicheur, ou en plein cagnard pour une exposition soleil & bronzette !

 

 

Du premier étage des arènes, le panorama est superbe, un coté le quartier des arènes, de l’autre une vue sur les flèches de la cathédrale, majestueuse Sainte Marie. De là, on aperçoit, et non sans fierté (!) le plus vieux bâtiment du quartier, le château Dubrocq datant du XIXe, jolie bâtisse blanche et grise, réhabilitée en appartements.

 

Inaugurées en 1893, les arènes de Bayonne ont une histoire puisque il se dit que des jeux de courses de bœufs et taureaux (depuis 1287) se déroulaient dans les rues de la ville ; et que les bouchers lâchaient leur bétail et le faisant courir dans les ruelles. Ils dépeçaient leur viande sur place en pleine ville. Une origine un peu « bouchère » et sanguinolente dans tous les sens du terme !

La ville en 1618 achète un terrain pour mieux organiser ces courses au Petit Bayonne. La Place Paul Bert (St André à l’époque) voit les premiers lâchers de taureaux, mais des plaintes de commerçants et marchands ambulants, dont les boutiques étaient dévastées, font pression sur la construction d’un lieu fermé et dédié à ces courses populaires et très en vogue à l’époque !

En 1701, sur la place Gramont (actuelle place de la Liberté) on organise une corrida pour accueillir le futur roi d’Espagne, Philippe d’Anjou (petit fils de Louis XIV) et sa cour. Ce spectacle attire plus de 5000 personnes. Malheureusement un gradin s’effondre sur la foule. Un fiasco pour les organisateurs… et une mauvaise note de plus pour ces jeux de taureaux et bovins.

 

 

Les premières arènes en bois sont construites quartier St Esprit en 1850, des arènes provisoires voient le jour au jeu de paume, sur les berges de l’Adour, puis vers l’actuel rond point St Léon…

L’organisation urbaine de la ville se structure, et de véritables arènes sont enfin construites « en dur » à l’extérieur de la ville, hors des remparts.

Nos belles arènes Lachepaillet subissent un grave incendie en 1919, et c’est Alfred Boulant (riche propriétaire des casinos municipaux de « Biarritz la balnéaire ») qui finance leur reconstruction dans les années 20.

Pendant la guerre, les troupes occupent les lieux, et les corridas sont interrompues.

En 1945, Marcel Dangou rachète les arènes de Bayonne et les faits revivre pour le plus grand bonheur de la population bayonnaise.

En 1984, la ville en prend la gestion et organise spectacles, férias et concerts.

 

 

En coulisse !

Que l’on est bien dans cet amphithéâtre ! Gradins, loges, callejon, chapelle, couloirs ou coulisses. Tout se visite.

Premier stop dans la coursive des taureaux, avec la fameuse bascule, les mangeoires et abreuvoirs pour les bêtes pendant leur séjour.

Des box et écuries aux loges régisseurs, plusieurs espaces sont fascinants.

Il est évident de marque un temps d’arrêt à l’infirmerie, véritable mini bloc opératoire, avec les jours de corrida, son staff médical (chirurgiens, anesthésistes, infirmiers) totalement autonome.

 

Notre guide, Isabelle, nous livre des anecdotes, des petits potins de coulisses.

Ces arènes de premières catégories possèdent un règlement strict en terme de sécurité, et de présence médicale les jours de corridas… On évoque les grands blessés, les incidents, les toros qui sautent dans le callejon…

 

 

Force spirituelle, ou lieu de croyance

Instant émotion à la ravissante petite chapelle que fréquente les toreros avant chaque corrida. La Macarena, patronne des matadors y trône telle une Divinité… et quelques instants de spiritualité vous envahissent immanquablement.

Un costume de lumières y est exposé. Lionel, maître et gardien des lieux, vous parle avec passion de cette « haute couture », et des petites mains qui réalisent ces costumes sur mesure; le tout en fil de soie lyonnais !

Cette tenue est une parfaite seconde peau, un bijou, un rituel de broderies plus fines les unes que les autres. Séquence admiration qui suscite l’envie de porter un tel vêtement digne des plus grands couturiers !

 

 

Les nobles et les rois pratiquaient la corrida. La visite nous enseigne l’histoire de ce loisir réservé aux « privilégiés » de l’époque.

La bravoure, la combativité de l’animal, la noblesse du taureau sont aussi évoquées.

 

 

Les chevaux de picadors véritable « Art équestre » est reconnu.

Le code des mouchoirs, les bandas et la musique des arènes sont racontés.

Tout, ici à un sens, une authenticité, une valeur chargée de traditions, coutumes et mémoires.

Nos hôtes passent en revue chaque détail, et les visiteurs s’interrogent sur les taureaux graciés, les étalons et la reproduction, les semences et le coût de ces paillettes de races sacrées ! Instants amusants de complicité entre nous !

Nous échangeons aussi sur le prix des taureaux de combat, la rémunération d’Enrique Ponce, la vie dans les élevages et les mas du midi de la France.

Tout ce qui tourne autour de ce lieu mythique est soulevé… et l’on évoque même, dans un autre genre, la course landaise qui vient aussi d’Espagne.

 

 

 

TOro ! TOro !

Nous rentrons tous dans l’arène avec une certaine fierté et beaucoup d’émotions, surtout en sortant du toril, telle une bête qui part au combat.

A noter : le taureau gracié, soigné et rétabli ne rentre qu’une fois dans l’arène.

 

Le bestiau est rustique. Il nait dans la nature en totale liberté. Le taureau est résistant, et sa vie « avant l’arène » est plutôt aventurière, (parfois même délicate) confrontée aux autres mâles et à des températures très froides en hiver en pleine pampa.

Le taureau est ici chez lui, on en parle avec amour, respect et beaucoup d’empathie et de bienveillance.

Il est un symbole de force et courage. Son histoire est touchante.

 

 

L’estocade finale !

La visite se transforme aussi en mini cours d’initiation. Passes et fondamentaux de la gestuelle de la corrida, Lionel nous parle du comportement de l’animal et de sa cadence. Un ballet se met en place… Banderilles, muleta & épées sont présentées.

On parle ouvertement business, car la corrida est aussi une économie pour le sud-est et le sud-ouest de la France.

 

Que l’on aime ou pas la corrida, cette visite des arènes de Bayonne est une leçon d’histoire. Une découverte d’un lieu qui joue un rôle évident dans la vie bayonnaise.

 

Symboliquement, en conclusion, une dernière phrase est prononcée : « Ici, on se joue la vie en costume de lumières ! »… Tout est dit !

Après plus de 2 heures de balade, de coursives en couloirs, fin de la visite.

Nous sortons par la grande porte, comme tout triomphe qui se respecte !

Heureux, touchés et sensibles d’avoir pu pénétrer dans ce « temple » bayonnais !

 

Olé !

 

 

 

 

 

 

 

 



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